Critique d'Antoine Wicker pour "Et le Vent sur les eaux"

Et le Vent sur les eaux.

 

La collection – « Poètes des Cinq Continents » – revendique ambition et exigence, et veut attester de la présence de poètes « qui feront date dans la poésie francophone » : Raphaël Heyer est en cette planète poétique comme chez lui, dont Vol de feu, en 2001, impressionna, et qui ici confirme – ce jeune militant de l’action poétique, domicilié dans la bien nommée rue des Anges à Rosheim, a pris position remarquable, en quelques saisons, sur la scène poétique.

Deuxième recueil donc – Et le vent sur les eaux –, et de sûre tenue littéraire, de vive et incisive inspiration, joliment pensée. De forte portée, pour tout dire – la claire jeunesse encore, exposée à l’être et à la nature, y nourrit une inattendue maturité déjà. Et c’est dans un mouvement parfois saisissant – « Peur au ventre, le ventre en désir » –, qui libère énergie, lyrisme, ferveur : « Baisers concert bouquet matinal/ Toujours le même vent aux trousses/ Toujours de la fesse à l’os/ Et la lune en silence. »

Fièvres intimes – « Un doigt sur tes lèvres/ Lorsque la jouissance murmure/ A l’instant de sa perte » –, et fracas des mondes à travers les collines et les villages : « J’ai vu le continent fendre son bord/ Briser les lames dans l’orage sourd/ Longues écumes de mer et de vent ». Vu le continent finir, et sombrer enfin. L’Harmattan éditeur.

 

Antoine Wicker in Reflets DNA n°94, du 7 au 13 janvier 2006.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site